|
date |
03/10/1998 |
|
lieu du débat |
Rue Saint-Martin, Les Halles, la cour du Louvre, Place du Châtelet, La Tour Saint-Jacques |
|
type d'animation |
Promenade littéraire |
| intervenant(s) |
Aubaude Camille
|
| commissaire(s) |
Figuière Francine
|
|
résumé |
Je lui dis que je ne rentrais pas. "Où vas-tu ? me dit-il. -Vers l'Orient !" Cette formule d'"Aurélia", souvent citée, ouvre l'espace du rêve, le Paris imaginaire que construit Nerval. L'immanece de l'Orient, c'est la beauté idéale qui recouvre les défuts et autres insuffisances du réel, les ruines et les vestiges qui transcrivent l'errance. Dans les années 1830, les années de bohème impasse du Doyenné, Nerval vit dans un hôtel Louis XIII qui sera démoli lorsque Napoléon III agrandit le Louvre, construisant des ailes supplémentaires. Son existence vagabonde, menacée, incongrue pour beaucoup, se déroule à la charnière d'un Paris en train de disparaître. On suit avec peine ses changements de domicile. Mais qu'il réside dans un quartier de la cour du Louvre ou à Montmartre, ses promenades le ramènent dans le quartier des Halles, devant l'église Saint-Eustache, où ses chimères se transforment en fantasmagories cosmiques. "L'épanchement du songe" semble dû à la marche d'un homme que les registres des cliniques psychiatriques ont déclaré à plusieurs reprises incurable. Un homme qui construisait une chaîne ininterrompue d'images pour tendre vers un but à jamais inaccessible. Le cercle de ses promenades délimite le coeur de Paris. Un Paris qu'il a tenté d'apprivoiser et dont les ruines signifient la dispersion d'un esprit occidental ouvert sur le néant. Il s'est pendu à l'aube du 26 janvier 1955 dans l'impasse de la Vieille-Lanterne, à l'emplacement, on l'a souligné, du trou du soufflleur de l'actuel Théâtre de la Ville. |
|
note |
Les lectures de textes ont été assurées par Maurice Antoni, Josiane Stoleru et Dominique Tirone-Fernandez. |
|
+ écouter :
non disponible
+ documents joints
|